Notre semaine de vacances a bien commencé, après une balade à dos de
dromadaire nous avons pu profité d'une
nuit à la belle étoile dans les
dunes. La chaleur bat son plein depuis quelques jours, nous avons pu relever 40 degrés à 20h, mais cela ne nous empêche pas de vadrouiller par monts et par zébus. Les commerçants sont fatigants
mais tellement sympathiques qu'on y trouve un goût de reviens-y. Aujourd'hui nous avons fêter notre départ à l'école de l'aéroport, nous y retournons quand même vendredi,
difficile de couper le cordon. Dorénavant nous nous appellons Maïmuna et Zeynabou, deux femmes nigériennes bientôt mariées, le henné de cérémonie est en place, les vêtements sont apprêtés, il ne
nous manque plus que la bague au doigt. Nous irons visiter l'école des sourds avant de nous envoler pour le grand froid. A moins que notre cher responsable de site ne nous laisse un mois de plus?
A défaut d'avoir la diarrhée ou autres désagréments touristiques (vers, stafilo..) nous avons passé une semaine épique.
1- La vie dans un dispensaire n'est pas de tout repos : accueil des malades, secrétariat en langue locale, pas évident.
2- La ménagerie du dispensaire nous a offert un concert tous les soirs, à la bougie (lampe torche), ambiance folklorique garantie avec DJ pintade au son. Les rats étaient de la partie, chorégraphes en herbe ils ont fait du break sur la tête de Claire. Sans oublier nos amies les blattes qui nous accompagnaient au trou la nuit, tutta la famiglia était là (2000 regards braqués sur tes miches blanches c'est gênant)
3- La problématique de l'eau nous a frappé de plein fouet. Le puits d'eau est loin du dispensaire et les bidons sont acheminés en charrette. Il nous a fallu un moment pour nous organiser, au début nous avions un seau d'eau pour deux par jour et puis le vide sidéral est arrivé, panique à bord, la crasse est une chose l'hydratation en est une autre.
4- Un programme léger léger : le lundi c'est le jour du marché à Kouré, et comme c'est le seul moyen de se ravitailler, toute la population s'y trouve (pas d'école). Le mardi 9 février est un jour de commémoration en l'honneur d'étudiants tués lors d'une manifestation (1990) sur le pont de Niamey. Les jeunes collégiens ont pris d'assaut l'école primaire et à 9h l'école était finie. Le vendredi matin fût consacré aux démarches administratives et le vendredi après-midi était chômé en raison de l'ouverture du championnat de lutte traditionnelle (sport national encore plus apprécié que le foot).
Nous garderons un beau souvenir de ce séjour en brousse, notre hôte Alima et les enseignants ont su par leur acceuil et leur humour nous faire passer d'agréables moments et éliminer tous les petits tracas. A refaire.

Au Niger, l'école est très unifiée. Les journées commencent toujours par le lever de drapeau, accompagné de l'hymne national ( en français) chanté par les enfants comme une messe en latin. Les
élèves apprennent le français à partir du CI, au quotidien ils parlent zerma, haoussa... Ils ont donc appris ces paroles par coeur comme une lithanie, d'où quelques déformations "évitons les
veill'nes quenelles" à la place de "évitons les vaines querelles". Les cours dispensés sont très transmissifs et l'apprentissage de la lecture reste une grande difficulté. Les enseignants
pratiquent en cachette la méthode syllabique (en remédiation), conséquence, 5 ou 6 élèves sur 50 arrivent à lire. Les autres se contentent de réciter. Toutefois, l'exercice de la copie est très
pratiqué, les élèves sont en majorité de bons scripteurs très appliqués. Autres pratiques interdites mais utilisées au quotidien, chicotte et humiliations sur le devant de l'estrade : les
genoux, les "zoreilles " et les flexions. Il nous est souvent arrivé de prendre la classe au pied levé lors de la prière de 16 heures. D'une manière générale, les élèves sont très passifs, en
cause les méthodes utilisées mais aussi les conditions de vie (difficile de travailler le ventre creux ou quand on a déjà effectué toutes les tâches ménagères).Nous avons quand même eu la chance
de rencontrer des enseignants très investis dans leur métier et qui à leur mesure essaient d'apporter des changements.
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